Sociologie pour tous

Observer les mobilités étudiantes Sud-Sud

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CRES n°13

 

Appel à contributions pour le “Dossier”

 

Observer les mobilités étudiantes Sud-Sud

 

 

Calendrier / délais

 

En utilisant le formulaire joint en toute fin de l'appel, les propositions devront parvenir au plus tard le 15 mars 2013, simultanément auprès des coordonnateurs du dossier et des co-rédacteurs en chef de la revue :

            Elieth  EYEBIYI <eelieth@yahoo.fr>

            Sylvie MAZZELLA <mazzella@mmsh.univ-aix.fr>

            Catherine AGULHON < catherine.agulhon@orange.fr >

            Marc PILON <marc.pilon@ird.fr>

Les propositions, qui peuvent relever de toute discipline de sciences sociales, peuvent être faites en anglais et en français.

 

Après avis du Comité de rédaction renvoyé, les auteurs des propositions acceptées auront jusqu’au 1er septembre 2013 pour envoyer leur texte (se reporter aux recommandations en fin du texte de l'appel). Celui-ci sera soumis à des lecteurs extérieurs à la revue et au comité de rédaction des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs.

 

Le dossier prendra place dans le n°13 des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs, prévu pour paraître au printemps 2014.

 

Le comité de rédaction profite de cet appel à contribution pour rappeler que la revue comporte également une rubrique "Hors-thème".

 

Problématique

Le commerce international de services d'éducation au niveau de l’enseignement supérieur connaît une forte croissance depuis près de vingt ans. Il ne prend plus seulement la forme traditionnelle de la mobilité internationale des étudiants et des enseignants, mais passe également par l’implantation à l'étranger d'établissements d'enseignement. Ce marché international de l'éducation s’est diversifié et se développe dans les pays du Sud. 

Une certaine doxa scientifique profondément ancrée, relevant d'une vision à la fois macro-sociologique, démographique et politique, laisse à penser que les mobilités étudiantes vers les pays du Sud ne sont qu’un choix par défaut d’étudiants dont le faible capital culturel et économique serait inférieur à celui des étudiants partis vers les pays du Nord. De récents travaux empiriques et comparatifs[1] nuancent cependant cette approche. Ils soulignent que les mobilités Sud-Sud vers des établissements de renom sont parfois très anciennes. Les universités théologiques arabo-islamiques de Fez, de Tunis ou du Caire ont un rayonnement international depuis le Moyen Âge. Des institutions plus récentes, comme l’Université internationale de Beyrouth, attirent un public international depuis le XIXe siècle. Elles sont aujourd’hui en pleine mutation dans un contexte mondial et régional de réformes de l’enseignement supérieur qui touchent l’ensemble des pays du Sud à travers des processus de délivrance de double diplômes, de privatisation ou de délocalisation d’universités étrangères.

Cet appel à contribution ne vise pas à remettre en cause les inégalités sociales, économiques et symboliques qui se creusent entre le Nord et le Sud, voire entre les Suds (pays émergents, pays en développement, Afrique, pays du monde arabe, etc.) dans un contexte mondial de libéralisation de l’offre d’enseignement supérieur, de contrôle et de présélection des candidats. Il ne s’agit pas non plus de nier la profonde crise universitaire que beaucoup de pays du Sud connaissent.

Ce numéro thématique veut approfondir la question des transformations de l’enseignement supérieur et des mobilités étudiantes dans un nouveau contexte mondialisé et compétitif. Il porte sur l’ensemble des mobilités étudiantes Sud-Sud, de façon à introduire une dimension comparative intéressante en regard des évolutions en cours à l'échelle internationale. Il s’efforce de mettre en lumière un débat scientifique « du Sud » et « au Sud » autour du questionnement suivant : doit-on considérer que les pays du Sud restent dans un positionnement dépendantiste par rapport à la pression idéologique et économique internationale des pays du Nord ? Sont-ils en mesure de détourner à leur profit une part du marché universitaire des pays industrialisés du Nord ? Assistons-nous à la formation d’un transfert de savoirs Sud-Sud sur le modèle de transfert Nord/Sud ? Ou encore : les pays du Sud mettent-ils en place leur propre modèle d’internationalisation du savoir ?

Une attention aux mobilités d’études Sud-Sud permet de mieux comprendre les récentes politiques de coopération universitaire à l’œuvre, ainsi que leurs conséquences en termes de redéploiement des flux d’étudiants Sud-Sud à l’échelle régionale et internationale, de diversification d’établissements publics et privés (nationaux ou étrangers), de compétition entre les pays et de hiérarchisation de la valeur des diplômes sur le marché national de l’emploi des pays de départ et d’accueil.

Les mobilités d’études Sud-Sud obéissent à des logiques institutionnelles publiques ou privées, nationales et internationales, qui dessinent des trajectoires d’études et professionnelles qui peuvent être en partie préconstruites et/ou répondre à des stratégies individuelles, familiales et collectives. L’analyse des mobilités étudiantes permet ainsi d’éclairer en retour des logiques d’action en termes de choix d’étude, de contournement de contraintes par les individus et leurs familles, de formes de mobilisations estudiantines nationales ou régionales, organisées ou non, laïques ou religieuses.

 

Les propositions, qui peuvent relever de toute discipline de sciences sociales, devront s'appuyer sur un travail d’enquête original.

 

A titre indicatif, les contributions pourront s’inscrire dans les axes suivants :

 

  1. 1.        Politiques de coopération universitaire Sud-Sud et marché international de l’éducation supérieure

L’axe cherchera à éclairer l’évolution des politiques de coopération universitaire dans les pays du Sud, à l’œuvre dans le secteur public comme dans le secteur privé. Comment se situent-elles dans les logiques du marché  de la connaissance en termes de diversification de l’offre de formation, de présélection et de redéploiement des flux d’étudiants ?

Une attention particulière pourra être accordée à la dimension entrepreunariale de ces mobilités, qui contribue à la hiérarchisation des espaces de formation dans les Sud et aux effets de polarisation qui peuvent s’exercer au niveau sous-régional. On pourra notamment s’intéresser aux phénomènes de “délocalisation” des enseignes universitaires du Nord. La question de la polarisation régionale des institutions de formation des pays émergents et des stratégies mises en œuvre pour renforcer leur attractivité pourra également être abordée. 

 

  1. 2.        Circuits, flux migratoires des étudiants et stratégie d’études

Cet axe s’efforcera de déterminer le poids statistique et l’évolution des flux migratoires des étudiants à l’échelle Sud-Sud. Quels sont les nouveaux pôles régionaux d’attraction de la mobilité étudiante au Sud ? Ces mobilités d’études dessinent-elles des circuits migratoires ? Pour quels étudiants ? Comment ces étudiants, filles et garçons, évaluent-ils leur choix d’études au Sud selon le pays, l’établissement, la filière ? Suivant quelles trajectoires sociales ?

 

  1. 3.      Vécu, conditions d’accueil, mobilisations

Cet axe explorera le vécu au quotidien des étudiants venus du Sud dans d’autres pays d’accueil du Sud. Quelles sont leur condition d’accueil ? Comment s’organisent-ils pour affronter les retards de versement des bourses par les pays de provenance ? Quels poids et rôles jouent la famille, les associations et le réseau de connaissance ? Les articles pourront examiner les revendications des étudiants formés au Sud et de retour au pays.

 


Pour les normes et la grille de soumission se reporter aux pdf en français ou en anglais.

                              

 

 

 

NE PAS OUBLIER

Un résumé de l’article (10 lignes environ) et les mots-clés de l’article, suivi de leurs traductions (traduction de l’intitulé du titre de l’article comprise) en français/anglais ou vice-versa.

 

 



[1] Parmi ces travaux, on citera : Leclerc-Olive M., Scarfò Ghellab G., Wagner A.- C. (dir.), 2011, Les mondes universitaires face au marché. Circulation des savoirs et pratiques des acteurs, Paris, Karthala. Welch A., 2011, Higher Education in Southeast Asia. Blurring Borders, Changing Balance, Routledge. Wilkins, S., 2010, Higher education in the United Arab Emirates : an analysis of the outcomes of significant increases in supply and competition, Journal of Higher Education Policy and Management, 32(4), 389-400.  Beigel F. (ed.), 2010, Academic Dependence and Autonomy : Scientific Research and Higher Education in Chile and Argentina, Biblos, Buenos Aires. Mazzella S. (dir.), 2009, La mondialisation étudiante. Le Maghreb entre Nord et Sud, Paris, Karthala / IRMC. Gérard E., Didou-Aupetit S. (eds), 2009, Fuga de cerebros, movilidad académica y redes científicas. Perspectivas latinoamericanas, IESALC/CINVESTAV/IRD, Mexico.



14/01/2013

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